Imiter les milliardaires pour obtenir leur succès? Ce n’est pas aussi simple

You can be very deserving and very intelligent and very disciplined but there’s also a factor of luck that comes into this thing and the people who get the good outcomes that seem extraordinary are the people who have discipline… and intelligence… and good virtue… plus a hell of a lot of luck […] so you shouldn’t give credit for the unsual

FR: Vous pouvez être très méritant, très intelligent et très discipliné, mais il y a aussi un facteur de chance qui entre en jeu et les gens qui obtiennent les bons résultats qui semblent extraordinaires sont ceux qui ont de la discipline… de l’intelligence… et de la bonne vertu… en plus d’une sacrée dose de chance […] donc vous ne devriez pas donner du crédit à l’inhabituel.

Charlie Munger, fidèle partenaire de Warren Buffet

La chance est plus importante que l’on croît dans les énormes succès

J’avais écouté une entrevue de Jeff Bezos dont l’interviewer avait souligné que Jeff Bezos et Bill Gates ont vécu dans des quartiers très près l’un de l’autre. Jeff Bezos a déménagé de Miami à Seattle et Bill Gates est né à Seattle. À la blague, l’interviewer a demandé ce qu’il y avait de particulier dans l’eau de ces quartiers (ou quelque chose de similaire). La réalité est que ces quartiers avaient probablement des avantages qui n’étaient pas disponibles aux autres. Un excellent réseau par exemple.

D’ailleurs, dans le livre The Psychology of Money de Morgan Housel dont j’avais publié le résumé ici, il dit lui aussi qu’on ne devrait pas tenter d’émuler le succès des gens les plus riches, car la chance a certainement joué un grand rôle. Par exemple, Bill Gates est allé à la Seattle private school. En 1968, Bill Gates a touché pour la première fois à un ordinateur. Selon Morgan Housel, la Seattle private school était la seule école aux États-Unis à avoir des ordinateurs à ce moment. Vous avez bien lu, pas la seule dans sa ville ou son État, la seule aux États-Unis. Vous ne pensez pas que cet avantage, qui est souvent caché derrière son travail acharné et sa réussite, n’a pas joué un rôle dans le succès de Microsoft? Avec le même talent que Bill Gates, comment auriez-vous fait pour développer vos compétences informatiques sans ordinateur?

J’ai réussi, donc vous devriez me copier

On a probablement tous déjà entendu l’histoire d’un entrepreneur qui s’est endetté avec des cartes de crédit pour poursuivre son rêve, qu’il a fait fortune et qui aujourd’hui raconte son histoire comme étant le modèle à suivre. Il s’agit bien souvent d’une histoire touchante… et extrême.

D’un autre côté, une personne qui s’endette de 10K$ avec sa carte de crédit et dont le succès ne suit pas paiera pendant des années cette témérité. Cette personne, on a moins tendance à l’entendre parler sur des TED Talk. C’est le biais de survie. On met toute notre attention sur les individus et les entreprises qui réussissent, sans compter le nombre qui ont échoué dû à leurs tactiques. Similairement, Je peux très bien mettre tout mon portefeuille dans un seul titre et écraser la moyenne, mais pour mieux évaluer la stratégie, il faudrait aussi considérer tous les cas qui se sont soldés par des résultats catastrophiques.

Le problème avec les histoires cités dans les deux derniers paragraphes est que l’on raconte uniquement celles qui ont réussi et non celles qui ont échoué.

Dans le cas de l’entrepreneur qui s’endette avec des cartes de crédit, cela nous touche parce que nous pensons que tout le monde a la même chance de réussir et qu’avec beaucoup de travail on peut s’en sortir. Désolé de vous décevoir, mais ce n’est pas du tout le cas. Si vous êtes né à Seattle aux États-Unis, vous avez naturellement plus de chance de réussir que quelqu’un qui est né dans un pays du tiers monde. Si vos parents sont riches et vous envoient dans des écoles prestigieuses qui elles-mêmes sont dans une ville prestigieuse, vous avez probablement une longueur d’avance incroyable sur toutes les autres personnes aussi brillantes que vous. Cela n’empêche pas de dire que les gens qui réussissent sont en moyenne brillants, mais ce n’est pas que vous êtes brillants que vous aurez un aussi gros succès qu’eux.

La conclusion pour votre portefeuille de placements

La morale de cette histoire pour votre portefeuille de placements est que ce n’est pas parce que vous entendez une histoire farfelue qui a incroyablement bien fonctionné que vous devriez faire comme la personne. Je pourrais me mettre à levier 3x puis gagner un énorme montant d’argent, mais la réalité est que vous auriez pu tout perdre. Un bon résultat n’est pas forcément associé à une bonne décision et un mauvais résultat n’est pas forcément associé à une mauvaise décision. Je répèterai cette phrase jusqu’à ma mort.

Même si une personne réussit en bourse en prenant des décisions extrêmement douteuses, j’ai tendance à prendre la personne « en pitié ». La raison est simple, les statistiques ne mentent pas. À force de prendre des mauvaises décisions, il arrivera un jour où cette personne se plantera royalement. Peut-être pas demain, ou la semaine prochaine, mais un jour, c’est garanti. Avant d’en arriver là, la personne aura une haute estime en ses capacités, la chute pourrait en être que plus brutal.

Le journal d’un investisseur
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