Mes conclusions de DeFi and the Future of Finance par Campbell R. Harvey, Ashwin Ramachandran et Joey Santoro

Il s’agit du 2e livre que je lis sur la blockchain. Si vous n’avez aucune connaissance sur le sujet, je vous invite à lire une introduction au DeFi (Decentralized Finance) ici.

Après un premier livre sur le sujet, je sentais que j’avais appris les bases et j’avais envie d’aller un peu plus loin. Trouver des livres sur la blockchain avec un niveau de difficulté assez élevé pour progresser et assez simple pour comprendre est réellement une tâche ardue. La pente est abrupte pour les nouveaux. Le livre ne fait que 150 pages, mais vous allez y passer facilement le triple du temps normal pour saisir les différents concepts. J’ai complété l’information avec diverses sources comme je trouvais que certains éléments étaient trop rapidement abordés alors qu’il y avait une profondeur à aller chercher.

Le monde de la blockchain est excessivement complexe et est principalement issue de l’informatique. Je pense que le parcours des auteurs donne une bonne idée des compétences nécessaires pour réussir dans ce domaine.

LES AUTEURS

Campbell R. Harvey, PhD est professeur à l’université de Duke et associé de recherche du National Bureau of Economic Research (NBER). Il s’agit d’un économiste canadien installé aux États-Unis avec de nombreux papiers scientifiques qui ont été cités des milliers de fois, une mesure qui montre l’impact de ses recherches sur le savoir collectif. Depuis 2015, il donne un cours à Duke sur les cryptos actifs. D’ailleurs, j’ai trouvé sur internet un plan de cours de M. Harvey. Il y a plusieurs ressources utiles à consulter.

Ashwin Ramachandran est general partner, en d’autres mots gestionnaire, à DragonFly Capital qui se spécialise dans les cryptos actifs. Il est gradué de l’université de Duke en informatique.

Joey Santoro est le fondateur de Fei Lab, il semble développer des protocoles pour des cryptos actifs comme des stablecoins. Il est gradué de l’université de Duke en informatique.

QU’EST-CE QUE LA CRYPTO?

Les noms évoluent avec le temps. Alors qu’on parlait beaucoup de cryptomonnaie (cryptocurrency) on parle dorénavant davantage de cryptos actifs (crypto assets) ou simplement cryptos.

Le terme crypto vient de cryptographie qui est l’étude des méthodes de communication sécurisées entre un expéditeur et un récipiendaire. Un exemple plus facile à comprendre est la téléphonie cellulaire. Blackberry a été connu principalement grâce à ses technologies d’encryption de messagerie. Aujourd’hui, on parle d’utiliser des technologies d’encryption dans les services financiers.

L’encryption est une façon de codifier une information, un texto ou une transaction financière par exemple, pour qu’elle ne puisse pas être interceptée ou modifiée. Bref, éviter toute fraude ou fuite potentielle.

Si l’on revient à la base, la crypto est purement que de l’informatique. L’innovation de la blockchain vient de l’organisation du code et l’utilisation de nouveaux algorithmes a ultimement créé l’univers des cryptos comme le Bitcoin et l’Ethereum. Dans un même principe, n’importe qui peut lancer une nouvelle crypto en reprenant le code existant, car, au final, ce n’est que des lignes de code. Le bitcoin est un projet open source, c’est-à-dire disponible à tous les développeurs, via https://bitcoin.org/en/development.

Comme si bien dit dans le MIT Technology Review:

No one can copy an individual bitcoin, but anyone can copy the idea of Bitcoin. 

Personne ne peut copier un bitcoin, mais tout le monde peut copier l’idée du Bitcoin

Morgen Peck (MIT Technology Review)

LES ALGORITHMES

Le coeur de plusieurs cryptos est basé sur les algorithmes de proof-of-work (PoW) comme le bitcoin ou le proof-of-stake (PoS). expliqué simplement, le PoW est très énergivore, mais extrêmement bien sécurisé alors que le PoS est « moins » sécurisé (même si j’imagine qu’il y a des débats sur le sujet) que le PoW, mais est moins énergivore. L’Ethereum effectue une lente transition du PoW au PoS.

Dans cette vidéo de Simply Explained, on dit que le PoW prendrait 10 minutes à valider une transaction alors qu’il s’agit plutôt de 2.5 minutes pour le PoS. Même si la transaction prend 10 minutes à être validé, on suggère d’attendre davantage de temps pour s’assurer qu’aucun hack soit possible. La blockchain porte bien son nom, il s’agit d’une chaîne de blocs. Chaque bloc contient un certain nombre de transactions. Plus on veut s’attaquer à des transactions lointaines sur la blockchain, plus il faut une puissance informatique considérable. Après quelques blocs, on considère qu’il est informatiquement impossible d’altérer l’information, car la puissance nécessaire est au-delà des capacités humaines (rien de moins).

QU’EST-CE QUE LA BLOCKCHAIN CHANGE?

L’algorithme de PoW du bitcoin est réellement ce qui est pour moi révolutionnaire, car on a une méthode d’encryption extrêmement robuste. Grâce à cette robustesse, on peut potentiellement créer des services ou des entités qui fonctionnent automatiquement sans avoir besoin d’intervenir. C’est une nouvelle forme d’automatisation.

Une méthode transactionnelle robuste permet l’élimination potentielle d’un paquet d’intermédiaires qui n’apportent aucune valeur ajoutée à l’économie. Par exemple, si on peut remplacer le système de transactions des devises des banques qui chargent du 2.5% pour quelque chose coûtant 0.5%, on a un gain important d’efficience pour l’économie. Les exemples sont nombreux. Le dénominateur commun à ses changements est généralement les intermédiaires financiers.

Selon l’auteur, le but ultime de la blockchain est d’améliorer l’efficience de l’économie en limitant les frictions financières tout comme l’internet a grandement réduit la friction informationnelle en facilitant le transfert d’information.

DE NOUVELLES FONCTIONNALITÉS

Il y a aussi certains mécanismes qui sont nouveaux avec les cryptos comparativement aux transactions financières traditionnelles comme les prêts éclairs (flash loans). Les prêts éclairs permettent d’emprunter une somme, effectuer une transaction et rembourser la somme empruntée tout ceci en même temps. Le code va regarder si certains critères sont rencontrés, par exemple un arbitrage, et autoriser toutes les différentes transactions nécessaires. Un arbitrage est une transaction sans risque qui a une probabilité non nulle de dégager un profit.

Par exemple, vous voyez sur le marché boursier canadien le titre de BMO qui se transige à 150 CA$ alors qu’il se transige à 149.70 CA$ sur le marché américain. Vous pourriez:

  • Emprunter 149.70 CA$
  • Acheter BMO sur le marché américain
  • Le vendre 150 CA$ sur le marché canadien
  • Rembourser le prêt de 149.70 CA$ avec des intérêts de 0.05$ et garder un profit de 0.25 CA$

Malgré que les étapes soient nombreuses, les prêts éclairs s’effectuent en l’espace d’une seconde. Est-ce que ce genre de prêt existe déjà dans les marchés traditionnels? Je crois que oui. Par contre, je pense que c’est vraiment la vitesse d’exécution qui est beaucoup plus rapide avec la crypto (à confirmer).

QUI DEVRAIT LIRE LE LIVRE?

Ceux qui sont intéressés à comprendre davantage l’univers de la blockchain sont forcément les gens visés par le livre. Par contre, vous devez aller chercher vos bases ailleurs, car le livre passe trop vite certains concepts, particulièrement ceux de base, pour forger une bonne compréhension des différents concepts. Le livre résume efficacement les différents concepts, mais des recherches en-dehors du livre s’impose si on veut comprendre au minimum ce qui est véhiculé.

Le journal d’un investisseur
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