6 critères à rencontrer pour prêter de l’argent à un proche

Les gens avancent généralement qu’avoir un meilleur salaire règlerait leurs problèmes financiers. Bon, je n’ai pas de sondage sous la main, mais je suis pas mal sûr d’en avoir vu un sur ce sujet. Pour une fois, vous devrez me faire confiance sur ce que je dis sans avoir une source pour m’appuyer 😉 Personnellement, je ne crois pas que c’est vrai.

Je fais une nuance dès le départ. Il faut admettre que certains problèmes financiers se règlent en gagnant plus d’argent . Par exemple, si vous travaillez au salaire minimum, gagner 10 000$ de plus par année pourrait vous aider à épargner davantage. Par contre, dans bien des cas, je suis convaincu que la majorité des gens n’épargnerait pas plus. La personne qui dit que si elle gagnerait plus d’argent elle épargnerait plus est la même qui avance que si elle avait plus de temps elle lirait davantage ou bien qu’elle irait au gym. C’est des paroles en l’air pour se donner bonne conscience. Dans une majeure partie des cas, la quantité d’argent n’est pas le problème, c’est la gestion des finances qui l’est. Si on a toujours vécu paie par paie, le reflexe sera de continuer à dépenser jusqu’à ce qu’on ait plus d’argent. L’argent supplémentaire va disparaître rapidement.

Si on juge que plus d’argent ne règle pas les problèmes, devrions-nous prêter de l’argent à un proche en difficulté? Avec le ton de la question, la réponse semble biaisée vers un non. Je pense que c’est du cas par cas. Évaluer la situation financière de l’individu serait un premier pas. Il est possible que la personne n’ait pas réellement besoin d’un prêt. Elle a peut-être des outils qui lui sont déjà disponibles, mais qui avaient été oubliés. Je ne pense pas qu’on ait besoin d’un professionnel lors d’un premier contact. Par contre, si la situation est trop complexe, l’aide d’un professionnel pourrait devenir obligatoire (restructuration de dettes, négociation avec les créanciers, faillite, etc.).

Certaines personnes pourraient être tentées d’aider un proche à tout prix. Je ne pense pas que donner de l’argent résout le problème fondamental. Si un ami est en difficulté et il doit demander de l’argent à son entourage, lui prêter de l’argent risque de régler son problème à court terme. Par contre, il est bien possible qu’il revienne vous voir quand il aura de nouveaux problèmes. Comme le dit la citation de Confusius: « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. » Je pense qu’il faut voir au-delà du prêt. Si vous voulez aider la personne, vous pouvez lui faire un prêt, mais assurez-vous de lui donner des bases dans les finances personnelles comme le coussin de sécurité. Ce n’est pas noir ou blanc, il y aurait plusieurs éléments que je considérerais si cela m’arrivait. Les critères sont en ordre d’importance.

1. VOTRE CAPACITÉ PERSONNELLE À PRÊTER
Lorsque l’on aide une personne par un prêt, il faudrait considérer celui-ci comme un don. L’individu va tenter de le rembourser, mais de votre côté vous n’aurez aucune attente et vous n’aurez pas de frustration envers cette personne si elle ne vous rembourse pas. Si vous ne seriez pas prêt à donner la somme que vous prêter, ne prêter pas. Ce critère ressemble beaucoup à ce qu’on dit en investissement: « Investissez ce que vous pouvez perdre. » Cela permet aussi d’accepter votre capacité financière. Si vous n’avez pas les moyens, ne prêter pas.

2. L’OUVERTURE DE LA PERSONNE ENVERS SA SITUATION FINANCIÈRE
Quelqu’un qui désire un prêt sans vouloir expliquer sa situation financière serait un gros non de mon côté. C’est probablement difficile pour votre proche de dévoiler qu’il a besoin d’argent, mais vous devez être en mesure de prendre une décision éclairée. Ne pas vouloir dévoiler sa situation financière lorsque l’on est en difficulté c’est comme aller chez le médecin et ne pas vouloir enlever ses pantalons. Ce n’est pas plaisant, mais c’est parfois nécessaire. On ne peut pas avoir un diagnostique sans ça. Dans le même principe, vous ne pouvez pas aller voir une banque pour un prêt et ne pas déclarer vos revenus et vos actifs. Le refus de dévoiler sa situation financière pourrait cacher d’autres problèmes. En analysant la situation on pourrait remarquer que la situation est bien moins grave qu’on pensait…ou bien pire!

3. LA COMPLEXITÉ DE LA SITUATION FINANCIÈRE
Dans le cas d’une situation complexe, il est possible qu’un prêt de 10K$ ne change rien et que vous allez simplement perdre votre prêt. Aider la personne ne changera rien ici. C’est à cette étape qu’on réalise que l’aide d’un professionnel pourrait devenir nécessaire. Cette étape est possible uniquement grâce au 2e critère.

4. LE TYPE DE RELATION
Prêter de l’argent à un ami qu’on n’a pas vu depuis 10 ans? Peut-être pas. Si la personne s’est rendue jusqu’à vous, elle a peut-être eu plusieurs refus de son entourage. D’un autre côté, elle veut peut-être garder le silence sur sa situation. Vous risquez de vous heurter au point 2 (l’ouverture de la personne envers sa situation financière). Prêter de l’argent à un ami qu’on connait depuis 20 ans qui nous a jamais laissé tomber c’est moins dérangeant. Ce critère qui semble émotionnel est aussi très rationnel. Un peu comme un banquier qui prête pour un projet plus risqué que la normale à un vieux client de la banque. Le temps nous a montré qu’on pouvait lui faire confiance. L’erreur que les gens font est de mettre ce critère en premier alors que pour moi il est plus dans le milieu de la liste.

5. LA PROBABILITÉ DE SE FAIRE REMBOURSER
Ce facteur est moins important que ce que l’on pourrait penser. Comme vous ne vous attendez pas à recevoir votre argent, car vous le considérer comme un don, c’est un facteur plus secondaire. Le facteur doit quand même être considéré simplement pour vous faire réfléchir sur la situation de votre proche. Si vous pensez qu’il y a aucune chance qu’il rembourse, peut-être que votre proche a davantage besoin d’aide que ce que vous pouvez lui apporter. Lui prêter de l’argent pourrait revenir qu’à vous créer une perte tout en ne réglant pas le problème.

6. LA TAILLE DU PRÊT
Prêter 200$ pour dépanner quelqu’un ce n’est pas comme prêter 5K$. La taille du prêt peut en dire long sur la probabilité que vous soyez rembourser. Un prêt de 200$ peut montrer une détresse à court terme, un prêt de 4-5K$ montre des problèmes plus importants. Même si vous en auriez la capacité, si le montant semble trop gros, il y a possiblement plusieurs squelettes dans le placard dont vous ne voulez pas vous mêler. L’objectif est d’éviter un impact collatéral. Ce critère semble dépendant du 1er critère (votre capacité personnelle à prêter), mais justement non. Ce n’est pas parce qu’on a les liquidité de prêter 10K$ demain matin qu’on devrait forcément le faire.

Aider quelqu’un pour finalement vous mettre en difficulté ne règle rien… vous vous transférer un problème qui n’était pas le votre à la base. Il faut être capable de se poser les bonnes questions tout en laissant les émotions de côté. Il faut faire attention à ne pas se laisser culpabiliser. Quelqu’un pourrait essayer d’avoir un prêt en jouant la carte de l’émotion. Un prêt de votre part n’est qu’une solution et certainement pas la seule.

Le journal d’un investisseur
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