6 raisons pourquoi je préfère la bourse à l’entrepreneuriat

L’entrepreneuriat est vu comme une façon de s’enrichir rapidement, mais il ne faudrait pas non plus se laisser impressionner par les histoires féeriques liées à l’entrepreneuriat. Il est peu probable que vous ayez une Lamborghini dans votre cours 2 ans après avoir démarré votre entreprise (désolé du retour sur terre). Bien entendu, chacun possède son champs de compétence et certains entrepreneurs peuvent connaître un grand succès. Je pense quand même qu’un investisseur boursier a l’avantage par rapport à l’entrepreneur principalement grâce à la facilité et sa haute probabilité de s’enrichir.

1. L’entrepreneur perd un salaire implicite dans son champ de compétence (coût d’opportunité)
L’entrepreneur touche un salaire en fonction de sa production. Lors du démarrage, le salaire versé sera très en-dessous d’un salaire obtenu dans le marché. En d’autres mots, l’individu aurait pu se faire engager pour effectuer un travail similaire, mais avec un salaire bien plus élevé. Généralement, plus on est spécialisé et qu’on croit que l’entreprise va prendre du temps à grossir, plus le coût d’opportunité est grand. Par exemple, un individu qui gagne 200K$ par année grâce à son emploi doit avoir une excellente idée pour rentabiliser son entreprise, mais surtout compenser la perte de salaire qu’il aurait pu investir dans le marché boursier. Par contre, pour quelqu’un qui gagne un salaire relativement faible et/ou qui possède des compétences non exploitables par des employeurs, cette personne aurait tout avantage à démarrer son entreprise pour monétiser ses compétences.

2. Le risque non systématique (non rémunéré) est élevé en entrepreneuriat
En bourse, il existe deux types de risque: le risque systématique et non systématique. Le risque systématique est un risque qu’on prend obligatoirement en investissement. Que j’aie un portefeuille bien diversifié ou une entreprise unique, si le marché chute dû à une crise, il est très probable que mon entreprise va suivre. On peut relier ce risque à l’économie en quelque sorte. À l’inverse, le risque non systématique est un risque qu’on peut éviter. Par exemple, si j’avais une entreprise de location de DVD ma fermeture n’a pas nécessairement été causée par mon manque de compétence, mais plutôt par la tendance de l’industrie. Ce risque aurait pu être évité avec un portefeuille diversifié, car j’aurais connu des pertes avec ce type d’entreprise, mais j’aurais aussi réalisé des gains importants avec les entreprises similaires à Netflix qui ont remplacé ce segment de marché. L’entrepreneur subit son industrie et parfois être du mauvais côté de la clôture peut être douloureux financièrement. Ainsi, même s’il prend clairement plus de risque que l’investisseur boursier diversifié, il pourrait réalisé un rendement plus faible. Bien entendu, les personnes qui réussissent vont générer un rendement plus élevé qu’un investisseur boursier classique grâce à leur concentration.

3. L’entrepreneur tire ses revenus d’une seule source
L’entrepreneur tire son revenu d’emploi et son revenu d’investissement d’un seul endroit. En général, les salariés vont travailler à un endroit tout en récoltant des revenus d’investissement de d’autres secteurs. De cette façon, on diversifie ses sources de revenu. Si notre industrie va mal, les investissements en bourse peuvent continuer de bien faire. Inversement, si les investissements vont moyennement bien, mais qu’on est dans une industrie en croissance, notre salaire pourrait connaître une augmentation plus rapide que dans les autres secteurs. On n’a qu’à penser aux salaires des grandes sociétés technologiques. On peut avoir des années perdantes en bourse, mais gagnante au niveau de notre salaire. Pour l’entrepreneur, tout va bien ou tout va mal.

4. Être entrepreneur, c’est beaucoup de travail
L’entrepreneur travaillera probablement plus qu’un salarié. Il peut être plus motivant de travailler lorsque l’on sait que les fruits de notre travail se retrouve 100% dans nos poches. Par contre, l’entrepreneur n’a souvent pas le choix de mettre plus d’heures au travail. L’entreprise peut être très dépendante de ses compétences. Il faut aussi être capable de déléguer des tâches ce qui est généralement le tempérament inverse d’un entrepreneur. Celui-ci veut contrôler comment l’entreprise évolue et la délégation peut être une tâche difficile. Être entrepreneur peut avoir des impacts sur les autres aspects de sa vie. Une mauvaise nutrition, un manque d’activité physique, conciliation travail-famille difficile ou peu de divertissements. Vu de l’extérieur, l’entrepreneuriat peut sembler très rose dans les périodes de croissance, voire injuste pour le salarié, mais les périodes de crise comme le COVID rappelle que l’entrepreneur est le dernier à quitter le navire en cas de problème.

5. Le rendement réalisé sera fortement déterminé par ses compétences, ses contacts…et sa chance
Des bonnes entreprises qui ne passent pas au travers… ça arrive. Par manque de compétence, de contacts, mais aussi par manque de timing. Il est impossible de tout contrôler. Encore une fois, le COVID est un bon exemple. Une entreprise qui fait faillite aujourd’hui aurait peut-être été très profitable dans 5 ans, mais le hasard en aura décidé autrement. En bourse, les grandes entreprises déjà établies passeront facilement au travers parce qu’elles nagent dans les liquidités contrairement aux plus petites entreprises. La diversification vient aussi jouer un rôle important.

6. Les entreprises privées sont peu liquides
Avoir une entreprise peut devenir très profitable. Par contre, il peut être mal vu de voir le propriétaire vouloir vendre des parts de son entreprises. Les gains peuvent être importants, mais ils sont plus difficilement monétisables qu’en bourse. Au final, on fait beaucoup d’argent si on réussit… sans en profiter totalement avant de nombreuses années. À moyen et long terme l’entrepreneur pourra monétiser ses gains en prenant une marge de crédit adossé à son équité dans son entreprise par exemple ou trouver un partenaire qui veut bien lui acheter une partie de ses actions. En bourse, on peut vendre une partie de ses gains pour en profiter rapidement et surtout facilement.

Être son propre patron et devoir des comptes à personne sont des avantages non monétaires intéressants. Par contre, ça vient quand même avec beaucoup d’autres désavantages non négligeables…

Le journal d’un investisseur
Blog d’investissement
Facebook


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑