L’allocation d’actifs est le processus qui consiste à déterminer la proportion de chaque classe d’actifs (principalement les actions et les obligations) au sein de votre portefeuille d’investissement.
C’est sans aucun doute la décision la plus déterminante pour la performance globale de vos placements et la gestion de votre risque à long terme.
1. Pourquoi l’allocation d’actifs est cruciale (Gestion active vs passive)
Pour un investisseur passif (qui utilise par exemple des FNB ou des fonds indiciels), le choix du ratio actions/obligations définit quasi intégralement le profil de rendement et de risque.
À l’inverse, en gestion active, deux portefeuilles affichant une répartition identique (par exemple 60 % actions / 40 % obligations) peuvent présenter des niveaux de risque complètement différents :
- Un portefeuille 60/40 défensif : composé d’actions à faible volatilité (secteurs des télécommunications, de la consommation de base, de la santé) et d’obligations gouvernementales à courte échéance.
- Un portefeuille 60/40 agressif : composé d’actions de croissance très volatiles et d’obligations d’entreprises à haut rendement.
Il est donc possible qu’un portefeuille actif 55 % actions / 45 % obligations soit plus risqué qu’un portefeuille 60 % actions / 40 % obligations, rendant la comparaison entre gestionnaires actifs parfois délicate.
2. Actions vs Obligations : Le moteur de performance à long terme
Historiquement, sur de longues périodes, un portefeuille fortement exposé aux actions surpasse un portefeuille obligataire. La raison est fondamentale : les actions sont plus risquées, elles exigent donc une prime de risque plus élevée pour rémunérer l’investisseur.
Si votre horizon de placement dépasse 20 ou 30 ans, détenir une forte proportion d’actions est une stratégie à privilégier. Cependant, cela implique d’accepter une volatilité au quotidien plus marquée.
Comment gérer la volatilité au quotidien ?
- Pour l’investisseur passif : Le meilleur conseil est simplement de ne pas consulter son portefeuille trop souvent. Consulter ses comptes une fois par trimestre, ou même une fois par an, est largement suffisant. Moins vous regardez les fluctuations à court terme, moins vous risquez de prendre des décisions émotionnelles.
- Pour l’investisseur actif : Une surveillance plus régulière est nécessaire pour saisir des opportunités tactiques ou temporaires sur le marché.
À méditer : La volatilité est temporaire, mais le rendement composé reste. En 2050, les baisses de marché observées en 2020 ne seront plus que des anecdotes historiques sans impact sur votre confort financier. Choisir une allocation plus forte en actions peut concrètement vous permettre de prendre votre retraite plus tôt ou de bénéficier d’un niveau de vie nettement supérieur.
3. Le risque invisible : Être trop prudent coûte plus cher qu’on ne le pense
On associe souvent le risque financier au fait de choisir un portefeuille trop agressif pour sa tolérance aux baisses (horizon trop court ou gestion difficile des émotions). C’est un danger réel qui peut pousser à vendre au plus bas.

Cependant, être trop prudent comporte un risque tout aussi dévastateur, mais beaucoup plus subtil.
En optant pour un portefeuille trop conservateur alors que votre horizon temporel est long, le coût d’opportunité s’accumule en silence. Après 30 ans, vous pourriez vous retrouver avec un fonds de retraite amputé de 30 % à 40 % de sa valeur potentielle, sans même réaliser ce que vous avez laissé sur la table.
4. L’impact financier réel de la pondération en actions
La magie des intérêts composés réserve parfois des surprises mathématiques non intuitives.
Exemple concret :
Prenons un investissement initial de 30 000 $ placé sur 30 ans :
- Choisir un portefeuille 100 % actions plutôt que 60 % actions / 40 % obligations peut générer un gain supplémentaire d’environ 90 000 $ (soit 3 fois le montant initial).
- Passer de 80 % à 100 % d’actions a deux fois plus d’impact en dollars que de passer de 20 % à 40 % d’actions.
Nombreux sont les investisseurs qui choisissent une allocation 80 % actions / 20 % obligations en pensant que ces 20 % d’obligations n’auront qu’un impact marginal sur le capital final. C’est une erreur : d’un point de vue marginal, ce sont ces 20 derniers pourcents qui génèrent le plus fort impact en capital absolu.

Pourquoi le résultat en dollars s’accélère-t-il ?
Même si le pourcentage de hausse marginal décroît légèrement à mesure qu’on ajoute des actions, la base d’actif sur laquelle s’applique ce rendement est beaucoup plus volumineuse.
Gagner 25 % sur un portefeuille de 1 000 000 $(250 000$) apporte une valeur financière bien plus importante que gagner 30 % sur un portefeuille de 500 000 $(150 000$).
5. La tolérance au risque et le vrai rôle des obligations
La tolérance au risque n’est pas seulement innée : elle se développe avec l’éducation financière. Plus un investisseur comprend le fonctionnement des marchés, plus il est en mesure d’accueillir la volatilité à long terme comme une opportunité plutôt que comme une menace.
Cependant, un portefeuille 100 % actions ne convient pas à tout le monde.
À quoi servent réellement les obligations ?
Si l’on regarde uniquement les chiffres de performance sur 30 ans, les obligations peuvent sembler sous-performantes. Pourtant, leur valeur stratégique est immense :
- La vraie valeur des obligations ne réside pas dans le rendement qu’elles génèrent, mais dans les erreurs comportementales qu’elles permettent d’éviter.
- En amortissant les chocs lors des krachs boursiers, la poche obligataire apporte la stabilité psychologique nécessaire pour empêcher l’investisseur de commettre l’erreur irréparable : vendre ses positions au plus bas du marché.
Conclusion
L’allocation d’actifs est une quête d’équilibre entre votre capacité financière à prendre du risque (horizon temporel) et votre capacité psychologique à le tolérer.
Si le temps est de votre côté, maximiser votre exposition aux actions est le levier le plus puissant pour bâtir votre patrimoine. Assurez-vous simplement de conserver la dose d’obligations nécessaire pour garder le cap durant les tempêtes financières.
En considérant un investissement initial de 30K$ pendant 30 ans, choisir une allocation 100% actions plutôt que 60% équivaut à un gain de 90K$. L’équivalent de 3x le montant initial. Passer de 80% actions à 100% actions a 2x plus d’impact que de passer de 20% à 40% actions. Je suis convaincu que beaucoup de personnes choisissent une allocation 80% actions et 20% obligations en se disant que le 20% d’obligations ne change pas grand chose au résultat. eh bien désolé de vous l’annoncer, mais vous êtes dans le champ. Marginalement, c’est ce 20% qui a le plus d’impact sur le résultat global. Pourquoi est-ce comme ça? Parce que j’ai présenté les résultat en dollar. Voici le résultat en pourcentage.
Le journal d’un investisseur
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