On s’est tous déjà posé la question : qu’est-ce que je ferais si je gagnais le gros lot? Mais si le montant était plus réaliste, disons 3M$, qu’est-ce que vous feriez réellement?
Si vous receviez 3M$, vous pourriez rembourser votre prêt hypothécaire. Disons qu’il est de 500K$, ce qui n’est plus inhabituel pour un jeune propriétaire dans la grande région de Montréal.
Avec la règle du 4%, un portefeuille de 2.5M$ permettrait de générer environ 100K$ par année avant impôts.
Grâce au traitement fiscal avantageux des revenus de placement et aux allocations entre les divers comptes de placement, j’estime qu’avec ce type de revenu l’impôt annuel serait d’environ 10K$. Cela représenterait donc un revenu net d’impôt d’environ 90K$, soit l’équivalent du pouvoir d’achat d’un salarié gagnant 135K$ par an.
Même si vous arrêtiez complètement de travailler, bien peu de gens ont réellement besoin de davantage. Et si vous comptez continuer à travailler, le montant nécessaire diminue considérablement. Selon votre âge, si vous possédez déjà 100K$, 250K$, 500K$ ou même 1M$ et que vous prévoyez poursuivre votre carrière, avez-vous vraiment besoin de plus?
Si vous avez 30 ans et que vous détenez 100K$ dans un CELI, avec un rendement réel de 7% au cours des 30 prochaines années, vous pourriez accumuler 761K$ net d’impôt. À cela s’ajoute la valeur de votre maison si celle-ci est entièrement payée, encore une fois à l’abri de l’impôt. Vous pourriez ainsi vous retrouver avec plus de 1M$ d’actifs sans impôt à la retraite. Vous seriez alors probablement parmi les 10% des retraités les mieux nantis au Québec.
Et si j’étais déjà arrivé à destination?
Pendant longtemps, je pensais que j’avais un objectif financier précis. Un chiffre à atteindre. Une valeur nette qui, dans ma tête, représentait l’arrivée.
Puis, je me suis posé une question toute simple :
Qu’est-ce que je ferais avec plus d’argent qui me tient vraiment à cœur que je ne peux pas déjà faire aujourd’hui?
Réponse: Pas grand-chose.
Pour ma part, je réduirais peut-être éventuellement mes heures de travail. Mais même cela demeure un plan qui n’est pas encore clairement défini. Je n’ai pas un type d’emploi que l’on peut facilement exercer à temps partiel, à moins de devenir consultant à son compte. Et devenir à son compte vient avec d’autres enjeux comme trouver ses clients.
Si je me réveillais demain avec plusieurs millions de dollars dans mon compte en banque, je continuerais probablement à travailler pendant un bon moment, simplement pour prendre le temps de réfléchir à ce que je voudrais réellement faire par la suite. J’ai de la difficulté à imaginer une situation qui serait réellement meilleure que celle que je vis actuellement, mais c’est possible qu’elle existe.
Et c’est là que j’ai réalisé que d’une certaine façon, sans être immensément riche, je suis déjà arrivé à mon « end game ».
J’habite dans une maison que j’aime et que je ne souhaite pas changer avant longtemps. J’ai un travail stimulant. Oui, il peut être stressant et exigeant à certains moments, mais la majorité du temps, j’aime ce que je fais et c’est valorisant.
Surtout, il n’y a pas vraiment de bien matériel ou d’expérience importante qui m’est inaccessible à cause de l’argent.
Si demain j’ai envie de m’offrir quelque chose qui compte réellement pour moi, je peux généralement me le permettre. Ce n’est pas tant la taille de mon compte en banque qui me donne cette liberté, mais plutôt le fait que je me contente de relativement peu.
The first rule of a happy life is low expectations.
Charlie Munger
Si mon objectif était d’avoir un yacht, alors oui, il m’aurait fallu beaucoup plus d’argent.
Et si mes ambitions étaient plus grandes?
Si j’avais 2-3M$ de plus, il y aurait forcément des dépenses que je ferais. La réflexion deviendrait simplement :
Est-ce que ça me ferait un peu plaisir?
Si la réponse est oui, alors pourquoi s’en priver? Renoncer à son 8e million pour profiter davantage de la vie me semble une évidence. Est-ce que ces dépenses auraient un impact majeur sur mon bonheur? Sans doute pas. Mais à ce niveau de richesse, dépenser 5K$ pour être ne serait-ce qu’un peu plus heureux me paraît être un excellent deal.
Et à 10 millions
On entre dans une catégorie différente, à un niveau où l’extravagance est permise.
Je pourrais partager ces expériences avec les gens qui comptent pour moi. J’aurais la possibilité de créer des evénements, sans qu’ils aient à se soucier du coût. Au fond, ce serait plutôt pour créer davantage de moments mémorables avec ceux que j’apprécie.
J’avais entendu P.-C. Jolicoeur, le courtier hypothécaire, raconter quelque chose qui m’avait marqué. Il disait que ce qu’il apprécie le plus, c’est lorsque vient le temps d’organiser une activité entre amis ou en famille et que quelqu’un hésite en disant : « Ah… c’est un peu cher, je ne sais pas si on peut se le permettre. »
Sa réponse est simplement :« Laissez faire, je m’en occupe. Je veux juste que vous soyez là. »
Au fond, ce n’est pas l’argent qui apporte le plus de satisfaction, mais ce qu’il permet de vivre avec les gens qu’on apprécie.
J’ai réalisé qu’à ce niveau de richesse, ce qui m’attire le plus n’est même plus de dépenser pour moi, puisque mes envies seraient déjà largement comblés.
En réalité, bien des choses coûteuses ne m’intéressent tout simplement pas.
Price is what you pay. Value is what you get.
Warren Buffett
L’indépendance financière commence bien avant le million
Ce que je recherchais vraiment, c’était la liberté de choisir et la tranquillité d’esprit.
Et c’est peut-être là le piège de la quête financière. On passe parfois tellement de temps à courir vers une destination qu’on oublie de regarder si on apprécie déjà le chemin.
Est-ce que vous possédez votre argent ou c’est l’argent qui vous possède?
Morgan Housel
L’indépendance financière ne commence pas nécessairement avec un million de dollars. Elle signifie avant tout avoir la liberté de faire les choix qui comptent pour soi. Vous pourriez donc atteindre une forme d’indépendance financière beaucoup plus tôt que vous ne le pensez.
Accumuler de l’argent n’est pas un objectif de vie en soi. La vraie question est plutôt : qu’est-ce que cet argent vous permet d’accomplir? Et parfois, ce que vous désirez réellement ne nécessite pas autant d’argent que vous pourriez vous l’imaginer.
Le journal d’un investisseur
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